
Pousse de palétuvier
Bijour les amis
Petite mise à jour pour vous prouver que le Pique ne chôme pas
Souvenez-vous, j’avais monté ce nouveau bac avec l’idée d’un “tout en un”, et pour ne pas avoir toute une installation avec plusieurs bacs qui mettent à mal le côté esthétique.
Et bien je n’ai pas tenu longtemps!
)
Et puis, avec un nom pareil, le p’tit Journal du Refuge, je me devais de faire quelque chose…
Alors exit le petit bac à palétuviers que je vous avais présenté la dernière fois, on reprend tout à zéro!
Cette fois-ci, j’ai préparé mon coup, commandé le matos à l’avance, et prévu de poser les nouvelles cuves plus hautes que le bac à coraux, pour faciliter l’écoulement des fluides…
L’idée diabolique de déménager le Jojo dans le nouveau refuge afin de gagner un peu de place n’a pas mis longtemps à m’effleurer…
j’ai donc commandé une scie cloche diamant, pour trouer le verre.

En Europe, le prix moyen est de 100€, mais avec l’aide d’un petit malin d’ www.aquaportail.com qui sait trouver les bonnes choses à pas cher, je l’ai commandé à Hong-kong pour moins de 10€ port compris, à ce prix-là, inutile de tenter des bricolages maison.
Premier essai de perçage sur ce qui allait devenir le bac à boutures (l’ancien petit bac à palétuviers):

Moi qui avait déjà exploser une petite cuve il y a quelques semaines de cela en tentant de la percer avec une scie cloche à béton, j’ai été très étonné de la rapidité de l’opération!
Moins d’une minute plus tard, j’étais déjà à la moitié de l’épaisseur de la cuve (4mm)!
On retourne pour ne pas faire d’éclats:

et paf, c’est déjà fini!
niiiiiiiickel
)
On passe à la seconde, le refuge…
Là je transpire un peu plus, le verre fait quand même 8mm…

Mais non… même pas besoin de caler le guide en bois, une fois entamé, le verre guide la scie cloche tout seul…
Trois minutes plus tard, l’affaire est réglé…
Les deux cuves sont de la récup’ tout droit sorties du petit magasin dévalisé il y a quelques mois, l’ensemble m’a donc coûté moins de 50€, passe-cloisons compris.
On passe maintenant aux supports:
Le mot d’ordre étant une fois de plus “budget quasi nul”, je récupère quelques plaques de bois qui traînent, et quelques heures plus tard, voilà déjà le refuge en place…

…suivi en fin de journée par le bac à boutures, que je place dans le prolongement du bac à coraux, afin de profiter de la rampe d’éclairage que j’avais bien fait de prévoir trop longue
) …

aaaaaah, quel bonheur!
J’ai enfin trouvé une place pour caser ma collection grandissante des ouvrages de Sprung
Bien qu’ayant entre-temps préparé quelques litres d’eau de mer supplémentaires, je me décide, épuisé, à attendre le lendemain pour mettre en eau, je dois quand même laisser sécher la colle sur les passe-cloisons…
A ce propos, j’utilise encore et toujours cette colle géniale qu’est l’Immotech.
Séchage ultra rapide et solidité à toute épreuve.
En attendant, je me résouds à bricoler un éclairage de fortune pour le refuge…
Deux, trois retournements de ma boîte à récup, et hop, la lampe de chevet transformée en rampe de choc:

Booooon, avec 8 Watts, on ne va pas aller bien loin…
Je le vérifie dans la foulée:

Mince alors, j’ai quand même passé 20 minutes à bricoler tout ça…
De rage, je me décide à recycler la rampe T5 2×39W que j’avais sur l’ancien refuge.
Problème: le refuge fait 60cm de long, la rampe en fait 90…
booooooo, on trouvera bien quelque chose à éclairer à côté…!
Et en avant, Fernand, transfert du Jojo vers le refuge…
J’avais bien fait de l’installer dans une boîte, l’opération ne me cause à peine qu’une goutte ou deux sur les chaussures.
Hoooooop, je noie le Jojo sous quelques litres d’eau du bac à coraux, et j’installe le sable.
Par acquis de conscience et pour éviter toute pollution excessive causée par l’ajout du nouveau sable, j’invite Gazi, mon écumeur turco-teuton, à se joindre à la fête:

c’est à peine s’il rentre dans la cuve…
Après qu’une fine couche de sable fin ait pris place dans le bac à boutures, je me décide à rajouter les quelques litres d’eau neuve qui permettront la connection des 3 bacs.
La surverse est placée dans le coin le plus discret (oui, je sais déjà qui va raler à cause de ces tuyaux de chiottes qui refont surface, désolé, ma chère…):

ça mousse un peu au départ…
A vrai dire, ça mousse même plus que ne le fait Gazi…
L’écumeur ne sort absolument rien de rien pendant les premières heures…
Je sais bien que c’est normal pour un écumeur, mais c’est la première fois que ça m’arrive, d’habitude, ça démarre aussi sec…
J’en profite pour jubiler un peu, ah ah aaaah, Jojo en train de neutraliser un mousseur de godet!
Mais non, il faut quand même avouer la vérité, Gazi se décide en fin de soirée à sortir quelque chose…
Et là… je me suis dit… toi qui pisse à tout vent sur les écumeurs installés à demeure, voilà une bonne occasion d’en constater les effets sur ton bac…
Autant vérifier de visu si cela change quelque chose…
J’ai donc décidé de laisser tourner Gazi quelques jours…
Le gars, tout content, s’est donné un mal fou à sortir tout ce qu’il pouvait…
et un écumeur, ça fait du bruit…
il m’en a fallu de la patience…
mais bon, j’ai tenu 72 heures…
Les remords ont fini par me faire débrancher la prise, non mais oooooh, je viens de mettre 20 litres d’eau neuve, et cet engin du diable est en train de m’aspirer tous les éléments trace, ah ah.
Bref, je débranche, et je vide le godet dans un verre…
en tout et pour tout, un peu moins d’un demi-verre d’une substance marronasse…
Et pour être honnête jusqu’au bout, voici les constatations que j’ai pû faire dans les jours qui ont suivi:
- les algues sur les vitres se sont développées à une vitesse moindre
- l’eau était bien sûr plus limpide
- Et… c’est tout!
J’y réfléchis depuis des jours, et j’en ai tiré les “conclusions” suivantes, qui n’ont de toute façon aucune valeur dans le cadre d’un sol Jaubert classique, puisque le mien est quand même réduit à quelques centimètres carrés:
Franchement, sur le coup, j’ai douté…
Et je me force à douter malgré ma fierté à la noix, dans le but d’offrir à mes pensionnaires une vie agréable.
Alors…
Je pense qu’une bonne partie de la caca que Gazi a sorti provient des sédiments que j’ai remué en sortant le jojo du bac principal et en repositionnant les pierres.
Il m’a sans doute sorti quelques phosphates, bien que je ne pouvais et ne peux toujours pas les mesurer, le test reste incolore…
Il doit bien y en avoir un peu, mais pas assez pour les tests aquariophiles.
Cependant, je pense que c’est un point à améliorer puisque le traitement des phosphates est une des rares carences du système Jaubert…
J’ai donc intérêt à cultiver des algues à gogo et à les retirer régulièrement.
L’utilisation d’eau de chaux que je pratique la nuit semblerait selon mes lectures précipiter le reste.
En ce qui concerne les algues sur les vitres… j’en pense deux, voire trois choses…
D’abord, ayant mis le bac en eau en Juillet, le Jojo, même s’il est fait d’un sable ayant déjà tourné, n’est peut-être pas encore totalement opérationnel.
Celà me laisse donc supposer que le problème se règlera de lui-même, d’ailleurs, la pousse d’algues inférieures, qui n’a lieu que sur les vitres et pas sur les roches, diminue avec le temps.
Deuxième conclusion sur ce point, je constate que les algues indésirables ne poussent PAS, ou du moins à dose beaucoup plus infime aux abords directs du Jojo…
Je suis incapable d’expliquer pourquoi, mais j’en suis maintenant persuadé.
Je l’avais déjà constaté dans l’ancien refuge, et j’ai pû le voir dans le nouveau bac, ce qui reste donc un (petit) inconvénient des jojo placés dans un refuge ou réduits en taille comme je l’ai fait.
En effet, je pense qu’un bac dont la surface est complètement couverte par un sol Jaubert ne doit pas rencontrer ce problème, ou du moins à des dégrès plus modestes.
Pour en finir avec ce chapitre des algues indésirables, je me suis quand même aperçu que ma population d’herbivores avait nettement diminué.
Et j’en connais la cause… les crevettes Lysmata ont découvert que les escargots Stomella, ça se mange…
Alors, ces sauvages, elles les attrapent, les retournent, et 2 minutes plus tard, y’a plus rien!
Je me suis donc décidé à repeupler le bac d’herbivores et tant qu’à faire, de détrivores, ce que j’ai fait il y a quelques jours, avec l’introduction de 3 escargots plus gros que les Stomella, que je suppose être des Trochus, ou bien des Tectus, je n’ai pas encore cherché en détails:

En tout cas, ils sont insasiables!
Je n’en ai pris que 3, d’abord par faute de moyens financiers, ensuite parce que je compte sur le fait qu’ils se reproduisent et me peuplent rapidement le bac, si les Lysmata ne les goûtent pas avant…
Côté détrivores, j’ai craqué pour ce que beaucoup trouvent affreux, un concombre de mer ;o)

c’est vrai, c’est pas très beau, mais je trouve l’animal assez fascinant!
il ingurgite lentement du sable à l’aide de ce qui ressemble à des trompes…

… et se nourrit des sédiments qu’y s’y trouve afin de les “recracher” par un orifice qui ne porte pas à confusion…

eeeeeet oui, celui-là ne connaît pas la philantropie de l’ouvrier charpentier (comprenne qui pourra), ses excréments ne sont que du sable qui ressemblent à des petites crottes de lapin qui se désagrègent après quelques heures…
Etonnant!
Pour terminer cette pseudo-analyse de l’effet “Gazi”, parlons de la limpidité de l’eau.
C’est indéniable, l’eau était plus claire après le passage de l’écumeur.
C’est dû en partie au fait que j’ai maintenant une aspiration de surface efficace, chose qui faisait défaut auparavant et provoquait un voile à la surface de l’eau qui absorbait une partie de la lumière.
Mine de rien, ça joue beaucoup dans l’aspect visuel de l’eau.
Ensuite, pourquoi est-ce que celle-ci est devenue plus limpide…
Si le Jojo fonctionne, il retire, ou plutôt “transforme” les matières organiques dissoutes ou non… mais certainement pas toutes…
On peut donc supposer que ce qui reste et colore l’eau d’un aquarium est fait d’une part d’un peu de plancton, d’autre part de ces matières organiques en question, que les américains appellent DOT et DOP (Dissolved organic Nitrogen et Dissolved Organic Phosphate).
Dans quelles proportions ces matières organiques sont-elles présentes, cela reste non-mesurable pour nous petits amateurs, alors peut-être éliminons-nous en écumant ces substances une bonne partie de tout ce qui participe à la vie de l’écosystème, dans le sens où toute une vie invisible à nos yeux se nourrit de choses microscopiques qui paraissent donner à l’eau une coloration générale jaune ou verte, mais dans laquelle nous sommes incapables de faire la distinction entre l’utile et l’inutile, le salutaire et le nocif, entre le plancton, les déchets microscopiques dont se régaleront certains coraux, et ces fameuses matières organiques dissoutes…
A vrai dire, j’ai de sacrés lacunes sur le sujet, et je m’efforce de lire en ce moment des articles s’y rapportant…
J’adooooooore taquiner les Berlinois et leurs écumeurs, mais encore faut-il s’informer et faire des expériences in situ.
Il est clair qu’un Jojo classique peut se passer d’écumeur.
Ce qui m’intéresse maintenant, c’est de savoir si c’est toujours le cas chez moi en l’ayant réduit à quelques centimètres carrés!
On en reparlera
Mais revenons à notre nouveau refuge tout frais tout neuf!
Je l’ai planté de deux palétuviers, de quelques roches et de beaucoup d’algues que je conservais dans un autre bac.
Un autre bac?!!! me direz-vous…
Bin, oui, j’avais lancé un petit projet de bac à algues, essentiellement destiné à la revente, mais maintenant que j’ai la rampe T5 sur le refuge, le projet tombe à l’eau, et puis, là, j’ai quand même de quoi m’occuper, hein…
Voilà donc quelques jours plus tard à quoi ressemble le refuge dans lequel le Jojo prend ses aises:

Tant qu’à faire, j’ai rajouté les deux minis Jojo que j’avais installé dans le petit bac à palétuviers.
Seul inconvénient, tout ça prend beaucoup de place, moi qui rêvais d’un refuge aéré, c’est raté, mais c’était ça, ou bien dans le bac à coraux…
Et voici une petite vue d’ensemble de l’installation:

le bac à boutures, rebaptisé “la cuve à soleil” tellement ça bombarde:

et le refuge d’un peu plus loin:

Ayant quelques centimètres de lumière inexploitée, je me suis lancé dans la culture de phytoplancton, et un petit élevage très amateur d’organismes divers, copépodes, mysis et artémias, que je nourris entre autre avec ce fameux phytoplancton, dont la couleur baignée de lumière suffit à ne pas me faire regretter la chose:

Il s’agit plus d’expérimentation que de véritable culture.
C’est mon premier essai et j’apprends un peu sur le tas.
J’isole des organismes dans des bouteilles ou des petits récipients, et j’observe ce qu’il s’y passe.
Ceci dit, c’est assez prometteur pour certains d’entre-eux.
J’ai placé un petit bac plastique avec une petite roche et un peu d’eau, dans lequel j’ai introduit des copépodes tombés des pierres lors du déménagement du Jojo…

Un petit bulleur coincé dans la roche assure un léger mouvement de l’eau, et la chaleur dégagée par la rampe T5 suffit à maintenir le tout autour des 21°C.
Voilà ce qui est apparu au bout de quelques jours…

de minuscules larves de… je ne sais quoi!
en observant à la loupe, on distingue plusieurs formes, donc je suppose différents organismes…
La nuit, à la lampe, je vois quelques copépodes gambader…
on verra bien ce que ça donne…
Je verse environ 5cl de plancton chaque soir dans le bac à coraux, aucun effet remarquable pour l’instant, mais en toute logique, certains s’en nourrissent!
L’ensemble ressemble un peu à un labo, surtout avec le glouglou des bulleurs, mais j’aime bien le look final, ça me rappelle la classe de biologie et de chimie de mon enfance, il y avait toujours une odeur et une ambiance particulière là-dedans ;o)

Allez, à Noël, je m’offre une blouse blanche, hi hi!
Voili voilou, j’avoue ne pas avoir tester les paramètres de l’eau ces derniers jours par faute de temps, mais tout semble aller, et les coraux et poissons se portent bien.
Je vais continuer à surveiller cette histoire d’algues/nitrates/phosphates, tout ça me rend de plus en plus désireux de découvrir, sur la durée, si la taille du sol Jaubert suffira à maintenir le bac en bonne santé, et s’il s’avère qu’à cause de mes expérimentations le système s’en retrouve affaibli, il me faudra me résoudre à des changements, soit installer un plus grand Jojo, soit… un petit écumeur d’appoint…
Oui, oui, vous avez bien lu…
Mieux vaut être sage et têtu que têtu tout court, non?
A part ça, l’article sur l’aquarium de Berlin n’est pas encore sur le blog (quelle faignasse), mais il est consultable sur www.aquaportail.com en première page, dans la liste des articles récents.
Je prends bientôt quelques jours de vacances, et devinez qu’est-ce que je vous ramène?
Un reportage complet sur Jojoland ! (enfin, si je suis pas trop bille pour en tirer quelques images)
Oui, je vais visiter l’Aquarium de Monaco, le sanctuaire de Jean Jaubert, là où tout a commencé, la Mecque où repose le saint Plénum, ah aaaaah !
Allez, je vous bise, à la prochaine avec je l’espère un brassage amélioré
)